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La Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE)

Wilhelm Bertieux

Mis à jour le 27-03-2023

entreprise
Sommaire

La CVAE est un impôt local dû par les entreprises à partir d'un certain chiffre d'affaires.

Dans la poche

La CVAE sera supprimée en 2024.

La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises est reversée aux collectivités locales. 

Les entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires de 500 000 € doivent la payer.

Qu'est-ce que la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises ?

La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises a été instituée par la loi n°2009-1673 du 30 décembre 2009 des finances pour 2010. Elle a été mise à jour avec l’article 55 de la loi de finances 2023.

La CVAE est une taxe locale et l'une des deux composantes avec la CFE de la contribution économique territoriale (anciennement la taxe professionnelle). Elle s'applique aux entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 152 500 € par an.

Néanmoins, l'application d'un dégrèvement fait que seuls les contribuables dont le chiffre d'affaires excède 500 000 euros annuels hors taxe sont imposables.

Le produit de la CVAE servait à alimenter le budget des collectivités locales. Les choses changent en 2023 avec la loi de finances : les CVAE vont directement à l'État. Les communes et départements reçoivent une compensation par l'octroi d'une fraction de TVA.

Au montant de la CVAE s'ajoute une taxe additionnelle. Le taux de la taxe additionnelle de la CVAE s'élève à 6,92 % en 2023.

Qui paye la CVAE en 2023 ?

Dès lors qu'un groupe, une entreprise ou un travailleur indépendant réalise un chiffre d'affaires HT supérieur à 500 000 €, quel que soit leur statut juridique, leur activité ou leur régime d'imposition, ils sont redevables de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. À condition qu'ils exercent leur activité au 1er janvier de l'année d'imposition. 

Même si elles ne sont pas redevables de cette taxe, toutes les entreprises dont le CA est supérieur à 152 500 € doivent la déclarer (mais pas la payer). C'est la déclaration de valeur ajoutée et des effectifs salariés qui sert à en déterminer la base d'imposition. 

Quel taux d'imposition de la CVAE en 2023 ?

En 2024, la CVAE sera supprimée. En 2023, le montant de la CVAE sera réduit de moitié pour l'ensemble des entreprises.

Voici la grille en vigueur pour 2023 :

Chiffre d'affaires (hors taxe)Taux d'imposition 2023
En-dessous de 500 000 euros0 %
De 500 000 d'euros à 3 millions d'euros0,125 % x (CA - 500 000 €) / 2,5 millions €
De 3 millions d'euros à 10 millions d'euros0,125 % + [0,225 % x (CA - 3 millions €) / 7 millions €]
De 10 millions d'euros à 50 millions d'euros0,35 % + [0,025 % x (CA - 10 millions €) / 40 millions %]
Plus de 50 millions d'euros0,375 %

Le calcul par valeur ajoutée de la CVAE prend en compte uniquement les charges imposables. Sont donc naturellement exclues de l'assiette du calcul de la CVAE :

  • les impôts et taxes, à l’exception des taxes sur le chiffre d’affaires et assimilées, des contributions indirectes et de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques,
  • les charges de personnel,
  • les quotes-parts de résultat sur opérations faites en commun,
  • des charges financières afférentes aux immeubles d’exploitation,
  • les dotations aux amortissements d’exploitation,
  • les dotations aux provisions autres que les provisions techniques,

Le cas de la redevance et des loyers

Les loyers et redevances ne peuvent pas être retenus pour le calcul de la valeur ajoutée servant de base de calcul à la comptabilisation de la CVAE si :

  • ils sont afférents aux biens corporels pris en location ou en sous-location pour une durée de plus de 6 mois,
  • ils font l'objet d'un crédit-bail,
  • ils résultent d’une convention de location-gérance (dans le cas des redevances),

Une exception est par contre prévue lorsque les biens pris en location par le redevable sont donnés en sous-location pour une durée de plus de 6 mois. Dans ce cas, il est possible d’imputer les loyers à concurrence du produit de la sous-location.

Comment payer la CVAE ?

Les entreprises redevables de la CVAE la déclarent sur le formulaire n°1329-DEF, à transmettre avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai de l'année n+1, accompagnée si nécessaire du versement du solde correspondant. Le paiement de cette taxe s'effectue dans un premier temps sous forme d'acompte, à régler en ligne. Le solde de CVAE est ensuite liquidé.

Comment remplir un formulaire de déclaration de CVAE ?

Vous devrez remplir une déclaration de CVAE et payer cette taxe (formulaires n° 2059-E ou n° 2033-E, n° 1330 — CVAE, n° 1329 — DEF et n° 1329 — AC) si vous êtes une entreprise, que votre chiffre d’affaires hors taxe est supérieur à 500 000 € et que votre activité professionnelle est imposable à la CFE. 

Si vous réalisez un chiffre d’affaires inférieur à 152 000 €, vous n’êtes pas concerné par cette cotisation et vous n’aurez donc aucune déclaration de CVAE à réaliser.

Au-delà de cette somme, vous êtes assujetti à la CVAE. Vous n’aurez qu’à déposer la liasse fiscale ainsi que la déclaration de valeur ajoutée et des effectifs salariés via le formulaire n° 1330 — CVAE. C’est ce document qui permet de récolter toutes les données nécessaires pour répartir la CVAE dans l’ensemble des collectivités locales.

Soyez rassuré, pour un seuil de chiffre d’affaires inférieur à 500 000 €, même si la déclaration de CVAE est obligatoire, vous n’aurez aucun paiement à effectuer à ce titre. 

Le paiement des acomptes

Le paiement des acomptes concerne les entreprises ayant payé plus de 3 000 € de CVAE au titre de l’année précédente. Le formulaire à utiliser pour la déclaration, le calcul et le paiement des acomptes est le relevé n°1329-AC.

Les deux acomptes de CVAE sont les suivants :

  • le premier acompte est à payer au 15 juin et est calculé ainsi : CVAE de l’année précédente x 50 %,
  • le second acompte est à payer au 15 septembre et est calculé ainsi : CVAE de l’année précédente x 50 %.

Pour illustrer, mettons qu'une entreprise ait payé 6 000 € de CVAE en 2017. En 2018, elle va devoir payer un premier acompte de 3 000 € le 15 juin et un deuxième acompte de 3 000 € le 15 septembre.

La comptabilisation des acomptes CVAE 

La comptabilité de trésorerie est effectuée sur la base des flux de trésorerie qui sont enregistrés dans des journaux comptables. Cela permet de comptabiliser simplement les ventes dès qu’un client effectue le règlement concerné, ou les achats dès qu’un paiement est fait à un fournisseur. 

Si votre entreprise tient une comptabilité de trésorerie, les démarches sont très simples. 

Dans ce cas, la comptabilisation des acomptes de CVAE se fait au moment de leur télérèglement. Ils sont en effet comptabilisés en charges par le biais du compte banque utilisé pour effectuer le paiement. C’est le compte 63511 intitulé « Contribution économique territoriale » qui sera utilisé pour procéder à cette démarche. 

Vous n’aurez plus qu’à vérifier qu’il n’y a pas eu d’erreur dans le report des sommes dans ledit compte. 

Foire aux questions

🤝 Que se passe-t-il en cas de retard de paiement de la CVAE ?

Tout paiement effectué en retard entraîne l’application d’un intérêt de retard et d’une majoration. La majoration est égale à 5 % du montant des sommes dont la date limite de paiement a été dépassée. Quant aux intérêts de retard, ils s’élèvent à 0,40 % des sommes dues par mois de retard.

🤷 Quelle est la différence entre une taxe et un impôt ?

Une taxe correspond à une prestation de service (comme la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ou la taxe de séjour). Le montant de la taxe n'est pas proportionnel au service rendu. L'impôt est prélevé sur la base du calcul des ressources du contribuable, par voie d’autorité, à titre définitif, et sans contrepartie directe, en vue de couvrir les charges publiques. On trouve parmi les impôts, l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la taxe foncière, l’impôt sur les sociétés ou bien l’impôt sur la fortune. 

🤷 Pourquoi les logements vides sont-ils taxés ?

De nombreuses communes et grandes villes de France souffrent de vacance locative et commerciale. Plutôt que de mettre leur bien ou leur local en location, certains bailleurs les laissent inoccupés. Afin de lutter contre ce phénomène, plusieurs taxes frappent les propriétaires de biens vides habitables : la taxe sur les logements vacants et sa version professionnelle la taxe sur les friches commerciales

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