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Investir en Private Equity (capital investissement) : le guide complet

Le private asset, qui englobe le private equity et la dette privée, consiste à investir dans des sociétés non cotées afin de financer leur création, leur développement, leur transmission ou leur restructuration. Ces participations sont généralement conservées plusieurs années avant d’être revendues. Il s’agit d’une classe d’actifs à horizon long terme, distincte des marchés financiers cotés.

Aldric Emié

Mis à jour le 26-02-2026

Investir en Private Equity
Sommaire

Qu’est-ce que le Private Asset 

Définition

Le private asset, qui englobe le private equity et la dette privée, consiste à investir dans des sociétés non cotées afin de financer leur création, leur développement, leur transmission ou leur restructuration. Ces participations sont généralement conservées plusieurs années avant d’être revendues. Il s’agit d’une classe d’actifs à horizon long terme, distincte des marchés financiers cotés.

Rôle économique

En France, le private equity est un vecteur majeur de financement des PME/ETI et des infrastructures : 36,9 Md€ investis en 2024 (+13% vs 2023), 38,9 Md€ levés et 12,8 Md€ de cessions. Ces flux illustrent sa contribution à l’innovation, à la croissance et aux transitions (numérique, énergétique). (source france invest)

Les grandes familles du Private Asset

  • Capital-innovation (venture capital) : Le capital-innovation finance des start-ups très jeunes, souvent non profitables. Le fonds entre généralement en position minoritaire, apporte du capital, structure la gouvernance et accompagne les recrutements et le go-to-market. L’objectif est d’atteindre rapidement l’adéquation produit-marché puis de déployer la croissance. Le risque est élevé, avec un taux d’échec important et un horizon d’investissement long, souvent de cinq à dix ans. Les sorties se font surtout par revente industrielle ou introduction en bourse (IPO).

  • Capital-développement (growth) : Le capital-développement s’adresse à des PME/ETI déjà établies et en croissance, disposant de revenus récurrents et souvent d’une rentabilité avérée. L’investisseur reste le plus souvent minoritaire, professionnalise le pilotage (KPI, comité stratégique) et finance une accélération : nouveaux marchés, nouveaux produits ou acquisitions ciblées. Le principal risque tient à l’exécution du plan de croissance plutôt qu’à la viabilité du modèle. L’horizon d’investissement se situe généralement entre 4 et 7 ans. La sortie intervient par revente à un industriel, cession à un fonds de LBO ou transaction secondaire entre fonds.

  • Capital-transmission (LBO ou Growth Equity) : Le capital-transmission consiste à prendre généralement le contrôle d’entreprises matures et génératrices de cash-flow, en combinant fonds propres et dette (effet de levier). Le projet crée de la valeur par une amélioration opérationnelle, excellence commerciale, digitalisation et par des opérations de consolidation. Cette stratégie offre un profil de rendement plus régulier mais devient sensible aux conditions de taux et au cycle économique. L’horizon d’investissement est souvent de quatre à sept ans. Les sorties typiques sont la revente à un autre fonds (secondary), la cession industrielle ou l’IPO.

  • Retournement (turnaround) : Le retournement vise des entreprises en difficulté, sous-performance, surendettement ou crise de liquidité, nécessitant une restructuration rapide. L’investisseur prend le contrôle ou une influence forte pour renégocier la dette, recentrer le périmètre et rétablir la rentabilité et la trésorerie. Le risque est élevé, notamment sur le plan opérationnel, social et juridique, mais le potentiel de création de valeur peut être significatif en cas de redressement réussi. La durée de détention est plus variable, souvent de trois à cinq ans ou davantage selon la complexité. La sortie se fait par revente industrielle ou par passage vers une logique growth/LBO une fois les fondamentaux restaurés.

  • Dette privée (Private Debt)

    La dette privée est un financement accordé directement à des entreprises. Les fonds de dette privée prêtent de l'argent sous forme de crédits à court ou long terme. Ce type de financement est plus flexible et plus rapide qu'un prêt bancaire, mais les taux d'intérêt sont généralement plus élevés. Le risque est plus faible que le capital-investissement, car l'investisseur est remboursé en priorité en cas de difficulté de l'entreprise. L'objectif est de générer des revenus réguliers sous forme d'intérêts. La sortie se fait par le remboursement de la dette à son échéance.


Ce qui fait la spécificité du Private Equity

Le cycle de vie d’un fonds alterne période d’investissement, création de valeur et désinvestissement. Les appels de fonds sont échelonnés et la liquidité est limitée jusqu’à la fin de vie du fonds (avec possibles prorogations). Ces caractéristiques expliquent la prime de long terme associée au private equity et l’importance d’une sélection rigoureuse des gérants.

Il existe deux principaux mécanismes d’investissement :

  • Appels de fonds : les investisseurs s’engagent à fournir des capitaux au fur et à mesure des besoins identifiés par le gestionnaire du fonds, selon un calendrier défini.
  • Modèle Evergreen : les capitaux restent investis de manière continue, sans horizon de fin prédéterminé, ce qui permet d’assurer une gestion plus flexible des actifs et d’offrir une meilleure liquidité aux investisseurs.

En outre, les actifs non cotés ne font pas l’objet d’une valorisation quotidienne sur les marchés, ce qui les rend moins exposés à la volatilité de ces derniers. Les performances reflètent avant tout l’évolution des fondamentaux des entreprises accompagnées, plutôt que les mouvements parfois irrationnels des marchés financiers.

Un marché en pleine démocratisation

Longtemps confidentiel, le Private Equity s'impose aujourd'hui comme un moteur de performance incontournable, dont l'accès n'est plus réservé à une élite. Cette évolution est portée par une combinaison unique : une performance historique solide et une démocratisation accélérée par de nouveaux acteurs.

Une performance historique solide pour les investisseurs patients

L'attrait pour le capital-investissement repose avant tout sur sa capacité à générer de la valeur sur le long terme. Les stratégies de Growth (capital-développement) et de Buyout (capital-transmission), qui constituent le cœur du marché, affichent historiquement des rendements élevés et décorrélés des marchés financiers. Ces stratégies d'investissement ont démontré une remarquable résistance lors des crises économiques. Sur un horizon de 20 ans, la performance médiane nette de frais pour ces stratégies à l'échelle mondiale s'est élevée à plus de 13 % par an, dépassant significativement les grands indices boursiers. Cette surperformance durable explique pourquoi investir dans le private equity est devenu un objectif pour de plus en plus d'épargnants.

Une démocratisation portée par les nouveaux acteurs et la communication

Cette performance n'est plus un secret bien gardé. La donne a changé grâce à plusieurs facteurs :

  • L'accès simplifié pour les particuliers : L'écosystème financier a vu l'émergence d'une multitude de solutions pour faciliter l'investissement. Les fintechs, les plateformes en ligne, et les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) proposent désormais des fonds de Private Equity avec des tickets d'entrée plus accessibles et des processus de souscription digitalisés.
  • Le boom de la communication : Les acteurs du secteur ont massivement investi dans la pédagogie pour démystifier le non-coté. Des campagnes publicitaires ambitieuses, ainsi que le contenu éducatif produit par des plateformes comme Climb, ont rendu cette classe d'actifs visible et compréhensible pour un public plus large.

Les chiffres confirment cette tendance de fond. En 2024, les particuliers et family offices ont injecté 4,41 milliards d'euros dans les fonds français, devenant ainsi la deuxième source de financement du secteur. L'assurance-vie, avec 1,46 milliard d'euros collectés, s'est imposée comme une voie d'accès privilégiée.

Un pilier stratégique pour les portefeuilles avertis

Cette ouverture au grand public permet de répliquer des stratégies patrimoniales éprouvées. Le portefeuille type des investisseurs institutionnels le montre clairement : ils allouent une part significative de leur patrimoine, près de 20 %, au Private Equity. Pour eux, il ne s'agit pas d'un investissement secondaire, mais d'un pilier de performance sur le long terme. Une logique de création de valeur qu'il est maintenant possible d'appliquer à son échelle.


Investir en private equity : stratégie & intégration patrimoniale

Avant de se lancer dans l'investissement en private equity, il est crucial de définir une stratégie claire et de l'intégrer pleinement dans votre patrimoine. Cela commence par une phase de cadrage de vos objectifs personnels et se poursuit par le choix de l'approche d'investissement la plus pertinente pour vous.

Cadrer vos objectifs avant d’investir

L'investissement dans le private equity n'est pas un acte anodin. Il doit répondre à des objectifs patrimoniaux précis. C'est le point de départ de toute démarche. Il est essentiel de vous poser les bonnes questions :

  • Quel est votre rendement visé ? Les stratégies en private equity offrent des potentiels de rendement très différents.
  • Quel est votre horizon de placement ? Le private equity est un investissement de long terme, mais la durée d'immobilisation de vos fonds peut varier selon la stratégie.
  • Quelle est votre tolérance au risque ? Comme tout investissement, le private equity présente des risques, notamment celui de l'illiquidité.
  • Avez-vous un besoin de liquidité ? Contrairement aux actifs cotés, vous ne pourrez pas récupérer vos fonds à tout moment.
  • Quel est votre budget et votre rythme d'engagement ? Le ticket d'entrée et la fréquence des versements varient d'une approche à l'autre.

Vos réponses à ces questions vous guideront vers la stratégie la plus adaptée et vous aideront à valider votre cahier des charges : besoin de liquidité, durée d'investissement souhaitée, couple rendement/risque, et l'équilibre entre distributions et capitalisations.

Optimisation de votre trésorerie

Avant ou pendant la souscription en private equity, il est pertinent de mettre en place une stratégie combinée : placer les sommes en attente d’appel de fonds sur des supports de rémunération optimisée (fonds monétaires, comptes à terme, obligations court terme, etc.). Cette approche facilite une meilleure gestion du calendrier d’investissement et contribue à améliorer le rendement global de votre opération.

Choisir son approche d’investissement en private equity

Une fois vos objectifs clairement définis, vous pouvez choisir la bonne approche pour investir en private equity. Il existe plusieurs stratégies, chacune ayant ses propres caractéristiques en termes de rendement, de liquidité et de frais.

Primaires : Cette stratégie consiste à souscrire à de nouveaux millésimes de fonds, c'est-à-dire des fonds en cours de création. Cela vous permet de capter l'intégralité de la performance dès le départ, avec un horizon d'investissement généralement long (environ 10 ans). C'est une approche idéale pour ceux qui visent une diversification de long terme.

Secondaires : Il s'agit de racheter des parts de fonds déjà investis sur le marché. L'avantage principal est d'investir rapidement dans des fonds dont les actifs sont déjà connus. Ces parts sont souvent rachetées avec une décote, ce qui peut booster le rendement potentiel. C'est une bonne option si vous souhaitez un investissement plus rapide avec un horizon de 5 à 8 ans.

Co-investissement : Dans cette approche, vous investissez directement aux côtés d'un fonds dans une entreprise spécifique. L'objectif est d'accéder aux deals les plus prometteurs sans ou avec très peu de frais de gestion. C'est une stratégie réservée aux investisseurs les plus avertis, car elle demande une bonne compréhension des entreprises cibles.

Evergreen : Ce sont des véhicules d'investissement sans durée limitée. Ils offrent une plus grande flexibilité avec des fenêtres de liquidité périodiques (souvent trimestrielles), vous permettant de sortir de votre investissement plus facilement que les autres stratégies. Ils sont un bon compromis pour ceux qui recherchent un accès au private equity avec une certaine souplesse.

Dette privée : Cette stratégie consiste à investir dans des prêts accordés directement à des entreprises non cotées. Les horizons d’investissement varient entre 5 et 7 ans, et les flux de revenus sont généralement plus réguliers grâce au paiement d’intérêts périodiques. La dette privée est idéale pour ceux qui recherchent une diversification alternative et des flux de trésorerie plus prévisibles.

StratégieEn un motDurée d'investissementLiquiditéRendement potentiel
(net frais)
DistributionsFraisÀ qui ça s'adresse ?
PrimaireFonds en création10 ansNulle⭐⭐⭐⭐ (~10–15 %)NonÉlevésLong terme, diversifié
SecondaireOccasion / rachat5–8 ansFaible⭐⭐⭐ (~8–12 %)ParfoisMoyensInvestir rapidement
Co-investissementDeal direct4–7 ansNulle⭐⭐⭐⭐⭐ (~15–20 %)Non (à la revente)FaiblesInvestisseur aguerri
Dette privéePrêt aux entreprises5–7 ansFaible⭐⭐ (~5–9 %)Revenus stablesFaibleInvestisseur cherchant plus de sécurité
EvergreenAccès flexibleIllimitée
(sorties possibles)
Moyenne
(trimestrielle)
⭐⭐⭐ (~7–10 %)Rare ou au choixMoyensInvestisseur avec un besoin de liquidité

Passer à l'action

Nous avons développé un simulateur personnalisé qui, en fonction de votre profil et de vos réponses, vous aidera à identifier la bonne stratégie d'investissement private equity. Cet outil vous donnera une première orientation, et nous serons à vos côtés pour définir et mettre en œuvre la stratégie la plus adaptée.


 

Enveloppes et véhicules d’investissement en Private Equity

Pour investir en Private Equity, il faut d'abord choisir un "contenant" (l'enveloppe fiscale), puis un "contenu" (le fonds d'investissement). Chaque choix a un impact sur la structure de votre placement et son potentiel. Comprendre la distinction entre ces deux éléments est la première étape pour construire une stratégie d'investissement pertinente dans les fonds private equity.

Les enveloppes fiscales pour investir

L'enveloppe est le cadre juridique qui va détenir vos parts de fonds. Elle définit les règles de gestion, de liquidité et de transmission de votre investissement.

  • Assurance-vie Française C'est un produit d'épargne à long terme permettant d'investir sur une multitude de supports, appelés unités de compte, incluant des fonds de Private Equity. Elle offre une grande souplesse pour organiser la transmission de son capital.
  • Assurance-vie Luxembourgeoise Similaire à son homologue française, cette enveloppe offre un accès à un univers d'investissement souvent plus large et bénéficie d'un mécanisme de protection des actifs unique en Europe, le "Triangle de Sécurité", qui sépare les avoirs des épargnants de ceux de la compagnie d'assurance.
  • PER (Plan d'Épargne Retraite) Le PER est une enveloppe spécifiquement conçue pour se constituer un capital en vue de la retraite. Les sommes investies, y compris dans des fonds non cotés, sont en principe bloquées jusqu'à l'âge de la retraite, sauf cas de déblocage exceptionnels.
  • Contrat de capitalisation Très proche de l'assurance-vie dans son fonctionnement, le contrat de capitalisation se distingue par ses règles de transmission. Il peut être donné de son vivant sans être clôturé, ce qui en fait un outil patrimonial particulièrement flexible.
  • Compte-titres ordinaire (CTO) Le CTO est l'enveloppe la plus simple et la plus universelle. Elle permet d'investir dans tous types de titres financiers, cotés ou non, sans aucun plafond de versement. Il présente cependant la fiscalité la moins avantageuse.

Les fonds accessibles aux particuliers

Le fonds est le véhicule qui va collecter l'épargne pour l'investir directement dans les entreprises. Chaque type de fonds a une thèse d'investissement qui lui est propre.

  • FCPR (Fonds Commun de Placement à Risque) Le FCPR est le véhicule historique du Private Equity en France. Son objectif est d'investir dans des entreprises non cotées à différents stades de leur développement (création, croissance, transmission). Il cible des PME et ETI européennes prometteuses dans des secteurs variés. Le ticket d'entrée est très variable, allant de 1 000 € pour les fonds accessibles au grand public à plusieurs centaines de milliers d'euros pour les fonds plus institutionnels.
  • FPCI (Fonds Professionnel de Capital-Investissement) Le FPCI est une version plus flexible du FCPR, destinée aux investisseurs avertis. Son objectif est de déployer des stratégies d'investissement complexes comme le LBO ou le Growth. Il cible des entreprises matures avec un fort potentiel de création de valeur. Le montant minimum de souscription est légalement fixé à 100 000 €.
  • FIP (Fonds d’Investissement de Proximité) L'objectif d'un FIP est de financer le développement de PME régionales. Sa spécificité est géographique : il doit investir dans des entreprises situées dans une zone délimitée (quatre régions limitrophes au maximum). Investir via un FIP permet de soutenir activement le tissu économique local et de cibler des entreprises proches de chez soi. La souscription minimale est généralement accessible, souvent à partir de 1 000 €.
  • FCPI (Fonds Commun de Placement dans l’Innovation) Investir via un FCPI a pour objectif de financer des entreprises à fort potentiel de croissance reconnues comme innovantes. Sa spécificité est donc sectorielle et technologique. Il cible des PME qui consacrent une part importante de leurs charges à la recherche et au développement. Le ticket d'entrée est généralement fixé entre 500 € et 3 000 €, ce qui en fait un des véhicules les plus accessibles.

Optimisation via Climb : Le choix entre ces différentes options structure votre investissement pour les 10 prochaines années. Un conseiller Climb peut vous aider à sélectionner les meilleurs fonds private equity et à les loger dans l'enveloppe la plus adaptée à votre projet de vie.

Fiscalité du Private Equity pour un résident français

La performance du Private Equity est d'autant plus attractive qu'elle s'accompagne parfois d'un cadre fiscal avantageux pour les résidents français. En choisissant les bons véhicules d'investissement et les bonnes enveloppes, il est possible d'alléger considérablement la pression fiscale sur vos gains. Les avantages fiscaux du private equity peuvent être double : la réduction d'impôt à l'entrée et l'exonération des plus-values à la sortie.

Réduction d’impôt sur le revenu

Certains fonds de Private Equity offrent un avantage fiscal immédiat sous la forme d'une réduction de votre impôt sur le revenu l'année de votre souscription. Cet avantage est spécifique aux fonds dits "fiscaux" qui investissent dans des PME répondant à des critères précis.

  • Les FCPI (Fonds Communs de Placement dans l’Innovation) : En investissant dans des PME innovantes, ces fonds ouvrent droit à une réduction d'impôt de 18 % du montant versé.
  • Les FIP (Fonds d’Investissement de Proximité) : En finançant des PME régionales, les FIP classiques permettent également une réduction d'impôt de 18 %. Ce taux peut être porté à 30 % pour les FIP investis en Corse ou en Outre-Mer.

La réduction est calculée sur un versement maximum de 12 000 € pour une personne seule et 24 000 € pour un couple. Les FCPR et FPCI, quant à eux, n'offrent pas de réduction d'impôt à l'entrée.

Exonération de plus-values

C'est l'avantage fiscal le plus puissant des fonds de Private Equity. Que vous investissiez via un FCPR, FPCI, FIP ou FCPI, les plus-values que vous réalisez à la sortie du fonds sont parfois totalement exonérées d'impôt sur le revenu.

Cette exonération est cependant conditionnée au respect de deux critères : vous devez conserver vos parts pendant une durée minimale de 5 ans et le fonds doit être investit à plus de 50% en Europe.

Il est important de noter que si les gains échappent à l'impôt sur le revenu, ils restent soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %.

Optimisations via assurance-vie ou PER

Loger vos fonds de Private Equity au sein d'une enveloppe de capitalisation comme l'assurance-vie ou le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet de cumuler les avantages. La fiscalité douce de l'enveloppe s'applique alors aux gains générés par les fonds.

  • En assurance-vie : Après 8 ans, les gains bénéficient d'un abattement annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple) avant toute imposition. C'est une excellente façon de percevoir des revenus réguliers de vos investissements en Private Equity avec une fiscalité très allégée.
  • Dans un PER : Les sommes versées sur votre PER, y compris celles investies en Private Equity, sont déductibles de votre revenu imposable. C'est un outil très efficace pour réduire vos impôts aujourd'hui tout en préparant votre retraite avec des actifs performants.

Un cas particulier pour les entrepreneurs : Le report d'imposition (150-0 B Ter)

Au-delà des avantages fiscaux classiques, le Private Equity est également un outil stratégique pour les chefs d'entreprise qui cèdent leur société. Le mécanisme d'apport-cession, encadré par l'article 150-0 B Ter du Code Général des Impôts, leur permet de reporter l'imposition de la plus-value réalisée, à condition de réinvestir une partie du produit de la vente.

Le principe est le suivant : l'entrepreneur doit d'abord apporter les titres de sa société à une holding qu'il contrôle. La fiscalité dépend ensuite du délai entre cet apport et la cession effective :

  • Si la cession a lieu plus de 3 ans après l'apport, le report d'imposition de la plus-value est automatique et sans condition de réinvestissement.
  • Si la cession a lieu moins de 3 ans après l'apport, le report est conditionné au réinvestissement d'au moins 60 % du produit de la cession dans des activités économiques éligibles, et ce, dans un délai de 2 ans.

C'est ici que le Private Equity joue un rôle clé. La souscription de parts de fonds de Capital-Investissement (comme les FCPR ou les FPCI) est explicitement reconnue comme un réemploi éligible. Pour un entrepreneur, il s'agit donc d'une solution idéale pour différer sa fiscalité tout en redéployant son capital vers une classe d'actifs performante et en diversifiant son patrimoine.

Tableau récapitulatif de la fiscalité du Private Equity pour un résident français


Note : Les plus-values exonérées d'impôt sur le revenu (IR) restent soumises aux prélèvements sociaux (17,2 %). PFU = Prélèvement Forfaitaire Unique.

Limites et conditions à respecter

Ces avantages fiscaux attractifs ont des contreparties qu'il est crucial de connaître avant d'investir :

  • Durée de blocage : L'exonération des plus-values impose une détention minimale de 5 ans. En pratique, la durée de vie d'un fonds de Private Equity est souvent de 8 à 10 ans. Votre capital est donc généralement illiquide pendant cette période.
  • Plafonnement des niches fiscales : La réduction d'impôt offerte par les FIP et FCPI entre dans le calcul du plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 € par an et par foyer fiscal.

Les risques spécifiques au Private Equity

Comme tout investissement financier, l'investissement en private equity comporte des risques. Il est essentiel de les connaître pour pouvoir les maîtriser et prendre des décisions éclairées. En comprenant ces risques, vous pouvez mieux anticiper et construire une stratégie de placement plus sereine et résiliente.

Illiquidité, durée de blocage et appels de fonds

Contrairement à la bourse, le private equity est un marché illiquide. Cela signifie que vous ne pouvez pas revendre vos parts à tout moment. Une fois votre argent engagé, il est bloqué pour une période de plusieurs années, généralement entre 5 et 10 ans. C'est ce qu'on appelle la durée de blocage.

Durant cette période, le fonds fait des appels de fonds progressifs. Vous ne versez pas l'intégralité de votre investissement au départ, mais à mesure que le fonds a besoin de financer ses participations dans les entreprises. Cela peut rendre la gestion de votre trésorerie plus complexe si vous n'avez pas une visibilité claire sur ces appels.

  • Comment les maîtriser ?
    • Compréhension de la stratégie : Un bon accompagnement par un CGP (Conseiller en Gestion de Patrimoine) vous donnera une visibilité sur la politique d'appels de fonds du gérant.
    • Anticipation et liquidité : N'investissez que l'argent dont vous n'aurez pas besoin à court ou moyen terme. Il est aussi possible d’investir dans des fonds evergreen qui offre une plus forte liquidité.

Risque de sélection des fonds

Le private equity est un secteur où la qualité du gérant est primordiale. L'objectif est d'investir dans des entreprises qui vont générer de la plus-value, et cela dépend directement de la capacité du gérant à dénicher les bons "deals" et à accompagner la croissance de ses participations. Si vous sélectionnez un mauvais fonds, la performance de votre investissement pourrait être inférieure à vos attentes, voire négative.

  • Comment le maîtriser ?
    • Due diligence rigoureuse : Il est impératif d'analyser la stratégie d'investissement, l’historique de performance et l'équipe du gérant.
    • S'appuyer sur un professionnel : Faire appel à un conseiller expert en private equity peut vous aider à évaluer la qualité des gérants et des fonds proposés.

Comment limiter ces risques ?

La meilleure façon de limiter les risques est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

  • La diversification : Diversifiez vos investissements non seulement entre le private equity et d'autres classes d'actifs (immobilier, actions cotées), mais aussi à l'intérieur même du private equity. Investir dans plusieurs fonds, sur des secteurs et des zones géographiques différents, est une stratégie efficace.
  • Les fonds de fonds : Les fonds de fonds investissent dans plusieurs fonds de private equity. Cela permet de déléguer la sélection des fonds à des experts, tout en bénéficiant d'une diversification immédiate, même avec un ticket d'entrée plus modeste.
  • L'accompagnement par un CGP : Le rôle d'un conseiller est de vous aider à choisir une stratégie adaptée à votre profil de risque et à vos objectifs. Il vous donnera accès à des fonds que vous ne pourriez pas trouver seul et vous aidera à anticiper les appels de fonds et à gérer votre investissement sur le long terme.


Quels acteurs choisir pour investir en Private Equity ?

L'accès au Private Equity s'est considérablement démocratisé, mais il peut être difficile de s'orienter parmi la multitude d'acteurs et de solutions. Pour choisir le bon partenaire, il faut d'abord comprendre les deux grandes approches d'investissement qui s'offrent à vous : l'approche diversifiée via un fonds de fonds, ou l'approche concentrée via un investissement en direct.

L'approche "fonds de fonds" : la diversification avant tout

Un fonds de fonds est un véhicule d'investissement qui, au lieu d'investir directement dans des entreprises, investit dans une sélection de plusieurs fonds de private equity différents. C'est une solution "clé en main" qui offre une diversification instantanée sur plusieurs stratégies, zones géographiques et millésimes.

  • Avantages :
    • Diversification maximale : Réduit le risque en ne dépendant pas de la performance d'un seul gérant.
    • Accès aux meilleurs gérants : Permet d'accéder à des fonds de premier plan ("premier quartile") normalement inaccessibles aux particuliers.
    • Ticket d'entrée plus accessible : Souvent possible à partir de 100 000 €, un seuil bien inférieur à l'investissement en direct.
  • Inconvénients :
    • La dilution de la surperformance : La diversification, si elle permet de réduire les risques, tend également à lisser les rendements. Ainsi, même si un fonds sous-jacent enregistre une performance exceptionnelle, son impact sera intégré dans la performance globale du portefeuille, ce qui en atténue l’effet visible.

Parmi les acteurs de référence sur ce segment, on retrouve des spécialistes comme :

  • Altaroc : Réputé pour sa sélection de fonds du premier quartile et son ultra-diversification.
  • Elevation Capital Partners : Propose un fonds unique mixant plusieurs stratégies (primaire, secondaire, co-investissement) pour lisser la courbe en J.
  • Opale Capital : Offre une gamme de fonds de fonds thématisés, permettant de choisir une stratégie spécifique (LBO, dette privée, etc.).
  • Archinvest : Un acteur plus récent qui se distingue par une sélection pointue de fonds primaires et de dette privée.

L'investissement en direct : une gestion plus concentrée

Investir en direct signifie acquérir des parts d'un unique fonds de private equity géré par une société de gestion comme Ardian, Eurazeo ou Partners Group

Avantages :

  • Moins de frais : Une seule couche de frais, celle du fonds que vous avez choisi.
  • Relation directe : Vous avez une plus grande proximité avec les équipes de gestion et leur stratégie.

Inconvénients :

  • Ticket d'entrée très élevé : L'accès est généralement réservé à des investissements de plusieurs millions d'euros.
  • Risque de concentration : Votre performance dépend entièrement du succès d'un seul fonds et d'une seule équipe.

💡 La révolution des fonds "Evergreen" : Certains gérants comme Eurazeo, proposent une solution alternative au ticket d'entrée élevé via des fonds "evergreen" (ou fonds permanents). Ces fonds ouverts permettent de souscrire avec des montants plus faibles (parfois dès 20 000 €) et offrent une liquidité plus souple, rendant l'approche directe beaucoup plus accessible.

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Conclusion : pourquoi le Private Equity doit devenir un pilier stratégique de votre patrimoine.

Le Private Equity n'est plus un simple produit de diversification ; il est devenu un véritable levier d'accélération patrimoniale. Saisir son potentiel de rendement supérieur exige cependant plus qu'un simple investissement : cela demande une vision à long terme et une exécution experte.

Le private equity, accessible aujourd’hui via des fintechs comme Climb, peut devenir un pilier stratégique d’un patrimoine diversifié.
 

Sources

Investir via un fonds de capital-investissement - amf-france.org
Investir en actions non cotées - amf-france.org
Si j’investis dans une entreprise, ai-je droit à une réduction d’impôt ? - impots.gouv.fr
Les fonds de capital-investissement (FCPR, FCPI, FIP) - amf-france.org
Distribution de fonds communs de placement à risque (FCPR) - bofip.impots.gouv.fr

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Foire aux questions

🤔 Qu’est-ce que le Private Equity ?

Le Private Equity, ou capital-investissement, consiste à investir dans le capital d'entreprises qui не sont pas cotées en bourse. L'objectif est de financer leur développement (croissance, innovation, internationalisation) ou leur transmission (LBO), pour ensuite revendre les parts avec une plus-value après quelques années. C'est un investissement dans l'économie réelle qui vise des performances élevées sur le long terme.

🤝 Quels sont les avantages du Private Equity ?

Les deux avantages majeurs du Private Equity sont :

  1. Un potentiel de rendement supérieur : Historiquement, le Private Equity a délivré des performances moyennes plus élevées que les marchés boursiers sur le long terme.
  2. Une forte diversification : Les entreprises non cotées sont moins sujettes à la volatilité quotidienne des marchés financiers, ce qui permet de décorréler et de stabiliser une partie de son patrimoine.

🤝 Quels sont les risques du Private Equity ?

Les principaux risques sont :

  • Le risque d'illiquidité : Le capital est bloqué pendant une longue durée, généralement entre 5 et 10 ans. Il est impossible de récupérer son argent avant l'échéance du fonds.
  • Le risque de perte en capital : Comme pour tout investissement en actions, la valeur des entreprises peut baisser et l'investissement n'est pas garanti.
  • Le risque de sélection : La performance future dépend entièrement de la capacité de l'équipe de gestion à choisir les bonnes entreprises et à les accompagner.

🤷 Comment investir dans le Private Equity ?

Pour un particulier, le moyen le plus simple d'investir est de passer par des fonds spécialisés (FCPR, FPCI, FIP, FCPI). Ces fonds sont accessibles via différentes enveloppes fiscales comme l'assurance-vie, le Plan d'Épargne Retraite (PER) ou un compte-titres. Des plateformes en ligne comme Climb permettent de sélectionner et de souscrire à ces fonds de manière simple et accompagnée.

🤝 Quels sont les meilleurs fonds de Private Equity ?

Il n'existe pas de "meilleur fonds" universel, car le choix dépend du profil de chaque investisseur (objectifs, tolérance au risque, horizon de temps). Les meilleurs fonds se distinguent cependant par la qualité et l'expérience de leur équipe de gestion, la clarté de leur stratégie et un historique de performance solide et régulier (souvent qualifiés de "premier quartile"). Un accompagnement par un conseiller est recommandé pour identifier les fonds les plus adaptés à votre situation.

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